Portfolio de Mélissa Gariepy

Analyse de situation

Pour cette analyse de situation, j’ai choisi de vous parler d’un cas d’élève auquel je ne trouve pas de solutions efficaces. En dénombrement flottant, nous recevons une élève de 6e année d’origine colombienne. Sa langue maternelle est l’espagnol. Elle est arrivée au Québec il y a deux ans. Elle a fait un an en classe de francisation et elle est maintenant dans une classe régulière de sixième année. Elle a beaucoup de difficulté en écriture puisqu’elle ne connaît pas les règles de la grammaire française. À ce niveau, son professeur affirme qu’elle apprend vite. Le gros du problème se situe au niveau de certains phonèmes. En effet, elle a beaucoup de difficulté à différencier le « b » du « v » puisqu’en espagnol le « v » se prononce un peu comme un « b ». Mais là où elle a le plus de difficulté c’est avec le « e » et ses accents puisqu’ils sont inexistants en espagnol. Le « e » en espagnol se prononce comme le « é » en français. Pour elle, il n’y a pas de différence entre le « é » et le « è ». Afin de l’aider à savoir quel accent mettre à quel moment, j’ai décidé de lui montrer les histoires de Raconte-moi les sons. Pour le « é », on raconte l’histoire du petit garçon E qui va monter une montagne avec sa bicyclette. Comme c’est difficile, il dit : « Hééééé hop ! Hééééé hop ! » L’accent aigu représente alors sa casquette. On met notre main au dessus de notre front pour représenter l’accent et la palette de la casquette et on dit la phrase « Hééééé hop ! ». On fait faire les mouvements et répéter la phrase à l’élève. Pour le son « é », elle arrivait à faire comme moi. Pour le son « è », on continue l’histoire du petit garçon E qui monte la montagne en bicyclette. Il arrive en haut de la montagne et appuie sa bicyclette contre un arbre. Le vent fait plier la palette de sa casquette vers l’arrière et sa bicyclette commence à rouler vers le bas de la montagne. Le petit garçon E cri : «èèèèèèè, ma bicyclette ! ». Lorsque je lui ai demandé de répéter cette phrase, elle n’arrivait pas à produire le son « è ». Je lui ai donc répéter le « é » et le « è » en exagérant la prononciation pour qu’elle entendre la différence, mais elle disait ne pas l’entendre. J’ai essayé de lui faire produire ces sons en essayant de découvrir ce que je faisais de différent en produisant ces deux sons. Je lui disais que pour le « è », elle devait ouvrir davantage la bouche. Elle y est presque arriver.

En recherchant de l’information sur ce problème, j’ai trouvé dans les papiers de mon maître associé un tableau descriptif des différents phonèmes. Ainsi, le « é » correspond au phonème [e] et il est une voyelle, sonore, orale, non arrondie, mi-fermée, antérieure et dorsale. Tandis que le « è » qui correspond au phonème [ε] est une voyelle, sonore, orale, non arrondie, ouverte, antérieure et dorsale. Ainsi, la seule différence entre ces deux phonèmes est l’ouverture de la bouche. A notre prochaine rencontre, je vais essayer deux idées d'interventions que j'ai eues. La première est de faire pratiquer ces sons à l'élève devant un miroir pour qu’elle voit les mouvements de sa bouche et les compare aux miens. La seconde est de l'enregistrer pour qu’elle s’entendre prononcer ces sons. De plus, je lui proposerai d’écouter chez elle la télévision en français pour développer son oreille puisqu’à la maison ses parents lui parlent en espagnol.

Par contre, je ne sait pas trop avec certitude comment arriver à lui enseigner à faire le son « è » puisque je ne suis pas orthophoniste. Or, mon école ne reçoit aucun service en orthophonie, ce qui pose problème parce qu’il y a beaucoup de demandes. Or, la commission scolaire avait alloué .25 de temps en orthophonie à mon école et a décidé d’arrondir ce chiffre à 0 vu le peu de temps. Ma directrice conteste cette situation mais ça reste un dossier à suivre.

Bref, cette situation m’a permis de réaliser le manque de services dans les écoles et la complexité à intégrer les élèves ayant un besoin de francisation. En effet, ce service semble de plus en plus disparaître dans ma commission scolaire. De plus, j’ai réalisé que la pluriethnicité était un problème réel et important dans les écoles et qu’en tant qu’orthopédagogue, on est plus ou moins outillé à y faire faire. De plus, la pénurie d'orthophonistes ne vient pas aider ce problème. Cette situation m’a aussi permis de constater comment les différences culturelles peuvent influencé l’apprentissage. J’étais certaine que Raconte-moi les sons règlerais ce problème, mais je n'avais pas envisagée que l’élève pourrait ne pas distinguer ces phonèmes puisque moi je les entend depuis que je suis née et je les distingue aisément. Comme autre exemple, mon maître associé m’a dit qu’en certaines langues. la structure des phrases différait de la notre… Ainsi, ce qui semble évident pour nous est parfois très compliqué pour certains élèves vu leur origines.