Portfolio de Faïçal Amrous

Biographie

Bonjour, je me nomme Amrous Faïçal, je suis un homme célibataire né le 16/07/1984.

J’ai obtenu un CESS en Technique de transition et un diplôme de Gestion à l’Institut Sainte-  Marie à Liège (option Comptabilité).

Le souhait de mes parents d’origines ouvrières, était que je poursuive des études supérieures.  Mais mon objectif, après l’obtention du diplôme de secondaire, était celui d’aller travailler dans le secteur du bâtiment. C’était un métier qui me fascinait depuis l’enfance car je rêvais d’être architecte.  Ensuite, progressivement la passion du travail manuel s’est emparée de moi. Ce qui m’a conduit à oeuvrer auprès de l’entrepreneur G. MOURY en qualité de maçon durant 13 ans.

Suite à un accident survenu en 2015, j’ai été déclaré inapte au métier.  Il m’était devenu impossible de monter sur des échafaudages et de travailler la tête en bas.

Ayant formé de nombreux maçons, durant toute ma carrière chez mon employeur, je me suis tourné vers l’enseignement car j’ai toujours aimé transmettre mon savoir.

La possibilité m’a été donnée de faire mes stages à l’Ecole Polytechnique de Seraing où j’ai pu transmettre mon savoir aux élèves par les pédagogies acquises à l’IFC Jonfosse, car je ne travaille pas encore comme enseignant.

Pour vous prouver les compétences que j’ai acquise en pédagogie et ma vision de l’enseignement, je m’aiderais de mon TFE réalisé en avril 2017.

J’espère que vous prendrez plaisir à lire ce travail. 

I. L'identité professionnelle de l'enseignant

A.1.Vision personnelle de l’enseignement et de l’apprentissage

Au début de mon CAP, je voyais l’enseignement comme des situations vécues sur chantier avec les apprentis que je devais former. Dans ma tête, je pensais avoir déjà une longueur d’avance sur mes collègues de classe car il m’a été donné de former des gens alors que je n’avais aucune connaissance en pédagogie. J’ai été bien étonné quand j’ai reçu mes premières leçons en méthodologie et je me suis vite rendu compte que j’étais « à côté de la plaque » car je n’y connaissais rien. En effet, en comparant les méthodes utilisées sur chantier, je savais dorénavant que je ne travaillais qu’en méthode expositive, or, quand j’ai appris les notions de la pédagogie active, une remise en question devait s’imposer afin de m’y adapter, car selon moi, elle est la meilleure façon d’enseigner.

Dès mes premières leçons données en classe, il m’a été demandé de les créer de manière active.

Après avoir essuyé quelques échecs, j’étais dorénavant capable d’édifier de vraies leçons actives. Cette méthodologie, permet non seulement un apprentissage accéléré du métier de maçon, mais également la découverte de techniques que d’autres pédagogies restreignent.

Ma vision de l’enseignement a changé car je possédais dorénavant de vraies notions de pédagogie et je pouvais créer des leçons afin que l’apprenant soit au centre de mon apprentissage.

Il serait quand même utile de définir ces deux notions :

Enseignement[1] : (du latin insignis, remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique, mise en œuvre par un enseignant, visant à transmettre des compétences (savoir, savoir-faire et savoir-être) à un élève, un étudiant ou tout autre public dans le cadre d'une institution éducative. Cette notion se distingue de l'apprentissage qui renvoie, lui, à l'activité de l'élève qui s'approprie ces connaissances.

Selon Marguerite Altet[2], l’enseignement couvre deux champs de pratiques :

1. celui de la gestion de l'information, de la structuration du savoir par l'enseignant et de leur appropriation par l'élève, domaine de la Didactique

2. celui du traitement et de la transformation de l'Information en Savoir par la pratique relationnelle et l'action de l'enseignant en classe, par l'organisation de situations pédagogiques pour l'apprenant, c'est le domaine de la Pédagogie

 

Apprentissage : il consiste à acquérir ou à modifier une représentation d'un environnement de façon à permettre, avec celui-ci, des interactions efficaces ou de plus en plus efficaces.

Richel[3] dit : « L’apprentissage est un changement dans le comportement d’un organisme résultant d’une interaction avec le milieu et se traduisant par un accroissement de son répertoire. L’apprentissage se distingue des changements comportementaux survenant à la suite de la maturation de l’organisme, qui constituent eux aussi des enrichissements du répertoire mais sans que l’expérience, ou l’interaction avec le milieu, ait joué un rôle significatif ».

L’apprentissage est un ensemble de mécanismes dirigeant vers l’appropriation de savoir-faire, de savoirs et de connaissances, où l’acteur sera appelé Apprenant.

 

A.2. Quelle place proposez-vous aux apprenants et quel est leur rôle dans votre enseignement ?

Je considère que l’apprenant doit être au centre de l’apprentissage mais également actif afin qu’il puisse en comprendre le but et que ce dernier ait un sens pour lui. A cette fin, je laisserais les élèves maîtres quant aux choix de leur travaux, pour qu’ils aient du sens à leurs yeux, afin que leur implication soit de mise mais qu’elle entre également dans le programme du cours. Pour ce faire l’enseignant devra être disponible et exigeant car sans engagement de la part de l’apprenant, il n’y aura pas d’apprentissage. En se situant au centre il devra passer par des séances d’expérimentations, de tâtonnements, de remises en question, …

 

Claparède E. nous dit que : « Le fait d'apprendre n'est pas synonyme d'accumulation de connaissances mais bien l'exercice de l'intelligence de l'apprenant et l'acquisition de méthodes de pensée ». Pour ce faire l’enseignant aura pour rôle d’éveiller chez l’enfant des désirs, comme celui de résoudre un problème.

Je pense également comme Cousinet R. qui nous dit qu’il faut s’abstenir d’enseigner, puisqu’apprendre est bien plus efficace. En effet, lorsqu’on se laisse enseigner, l’information est reçue mais si l’on apprend, il faut aller chercher l’information, ce sera à l’enseignant de proposer des méthodes d’apprentissages aux apprenants. Il faudra pour ce faire passer par une expression libre chez l’apprenant mais également une période de tâtonnement ainsi que de la coopération.

Dans une perspective constructiviste, on ne considère plus le processus d'enseignement comme point de départ mais comme processus d'apprentissage. De même, l'acquisition des compétences métacognitives prime sur celle de compétences cognitives. L'adaptation de ce concept est très variable selon les méthodologies et les approches pédagogiques. Néanmoins ce concept implique une redéfinition des statuts et rôles de l'enseignant comme de l’apprenant. Celui-ci devient le pôle principal d'apprentissage. En effet, l'enseignant est à l'écoute de ses besoins pour orienter l'apprentissage autonome, faciliter son appropriation, fixer des objectifs. La prise en compte de la psychologie de l'apprenant ainsi que des processus d'acquisition et d'apprentissage a modifié les méthodes de didactique.

 

A.3. Comment envisagez-vous votre rôle d’enseignant et quelles sont vos priorités ?

À mes yeux le métier d’enseignant ne se limite pas seulement à une transmission du savoir, certes, cela représente une part du travail mais on notera également :

-          Le rôle de l’enseignant n’est pas seulement d’instruire mais également d’éduquer,- même si ce rôle revient aux parents,- de socialiser, d’inculquer des valeurs… Nous dirons donc qu’enseigner revient à aider l’enfant à grandir, à devenir adulte.

-          Il faudra penser à planifier les activités à faire pour accomplir le programme, et créer celles-ci. Il sera indispensable d’essayer d'innover pour éviter l'ennui et surtout tenter de susciter l'intérêt des élèves.

-          Une autre responsabilité de l'enseignant est le travail avec ses collègues, la formation continue… Ainsi que la réception des parents, pour lesquels l’enseignant devra consacrer beaucoup de temps.

-          Il sera nécessaire à l’enseignant d’être pédagogue, psychologue, didacticien, sociologue, éducateur…

-          Il faudra également que l’enseignant aime les enfants. Il tiendra compte de ne pas aduler un stéréotype mais bien de les accepter comme ils sont, c’est à dire avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs défauts et leurs qualités, leurs facilités et leurs difficultés…

-           Je tiendrai compte également que l’enseignant devra faire preuve de patience vis-à-vis des élèves mais aussi des parents, des collègues et de l’institution pour ne pas tomber en dépression.

-          Il sera indispensable à l’enseignant de ne pas trop s’impliquer, je parle ici de garder un souci de neutralité, et de ne pas tomber dans le piège d’une affection dans la relation enseignant/élève.

Je dirais pour conclure, qu’il faut devenir enseignant par vocation car cela demande un dévouement quasi-total de sa part ainsi qu’une force psychologique pour éviter de prendre tout à cœur.

C'est un beau métier, mais il demande une connaissance de tous ces paramètres avant d'en faire le choix, car beaucoup ont une opinion simpliste de cette profession n'en connaissant pas la face cachée et sont déçus lorsqu'ils se rendent compte de la réalité.

 

A.4. En termes d’interactions, quelles valeurs éducatives sous-tendent les activités proposées aux étudiants ?

En termes d’interaction, j’aimerais que les élèves participent à mon cours. Pour cela, ils doivent être motivés (voir annexe) par leurs apprentissages et par l’objectif qu’ils cherchent à atteindre. En ce qui concerne ma propre motivation, je me dois d’être convaincant, agréable, toujours prêt à soutenir et aider mes apprenants dans l’évolution de leur expérimentation.

C’est dire si je conçois mon métier d’enseignant comme une perpétuelle remise en question de mes propres méthodes. Par méthode, j’entends aussi un comportement, une analyse réflexive de chaque heure donnée, en termes de compétences, d’objectifs réalisés, d’évaluation.

Je veux installer en classe un climat de confiance, où l’ambiance est bon enfant mais active, où le bien-être, d’un côté comme de l’autre, peut être ressenti par quelqu’observateur que ce soit. Il ne s’agit pas pour moi de faire « copain-copain » avec mes élèves mais de leur assurer un soutien tant intellectuel qu’amical.

 

A.5. Puis-je me laisser orienter et guider ; cela me permet-il de concrétiser mes choix pédagogiques et dans quel contexte aimerais-je les utiliser ?

Durant ma période d’observation, j’ai pu voir comment un professeur donnait cours de nos jours. Il est vrai que quand j’étais moi-même élève, les professeurs avaient recours aux méthodes traditionnelles, telles que les méthode expositives et interrogatives, qui nous ennuyaient plus que tout.

J’ai été heureux de constater que mon maître de stage utilisait les méthodes actives dans son cours, et plus précisément les situations problèmes. Il me tardait à mon tour de mettre en place mes premières leçons afin d’adapter ce qui m’a été enseigné parce que je ne voulais pas utiliser les méthodes grâce auxquelles j’avais été instruit. C’est cela qui m’a permis de m’orienter vers les méthode actives.

Je pense les utiliser avec tous types d’élèves car le fait de placer ceux-ci au centre de l’apprentissage et de les laisser maîtres de ce dernier tend à les responsabiliser ainsi qu’à les projeter dans leur futur métier.

 

B. La description de mon expérience

Ayant reçu ma formation de maçon sur le terrain et non sur les bancs de l’école, il m’était permis de donner des cours de pratique uniquement. Pour ce faire, j’ai réalisé une colonne 39/89 et un muret de jardin avec les élèves de 3TQ1 de l’EP Seraing durant ma période de stage. Ma classe était composé de 3 élèves uniquement, 2 garçons et une fille.

Pour la réalisation de ce travail d’envergure, je me suis basé sur la pédagogie active, mais plus précisément sur les situations problèmes et la motivation.

Je vous expliquerai ce choix dans mon TFE en annexe.

 

C. La description des formations réalisées

Durant ma carrière de maçon, j’ai eu l’occasion de faire deux formations pour apprendre à dessiner des plans sur ordinateur, dans lesquelles, j’ai pu me familiariser avec des programmes tels que Autocad et Illustrator.

C’est un grand plus pour moi comparé à certains de mes collègues car je peux adapter des plans pour mes élèves et ne pas reprendre les anciens réalisés par d’autres professeurs. C’est pour cela que je compte bien faire passer l’envie de mes apprenants en priorité en ce qui concerne les travaux à effectuer et être à leur écoute pour cibler leurs attentes. (Voir annexe)

Je tiens quand même à signaler que ma plus belle formation réalisée est celle du CAP, car n’y connaissant rien à la pédagogie et en présentation de travaux, j’ai pu me parfaire dans ces deux domaines. Je joins quelques travaux en annexe que j’ai dû créer et présenter pendant ma formation au cours de PPM tels que la description d’un pédagogue de référence, les biais de l’évaluation et la métacognition. Je tiens à remercier Madame Minez pour m’avoir permis de me familiariser avec l’outil power point.

Voir annexe

 

D. La présentation de travaux réalisés

Pour mon premier stage d'essai (12h), j’avais l’occasion de créer avec mes élèves une colonne 39/89. Les élèves avaient déjà eu à construire une colonne 29/29, mais celle demandée ici était plus imposante. Je n’ai pas créé d’évaluation pour ce travail car, ce n’était pas à moi de juger les élèves mais à mon maître de stage.

Pour mon grand stage, j’ai construit avec les élèves un muret de jardin sur une période de 40 x50 minutes. Il entrait également dans le programme du cours car les compétences visées étaient l’appareil croisé, la brique sur chant, la colonne et le jointoyage. Il m’a été donné l’occasion de créer une grille d’autoévaluation pour que les élèves puissent mesurer leurs compétences (évaluation formatrice). Aux quatre grandes étapes du muret, il fallait que les élèves sachent où ils en étaient.

Je joindrais également mon TFE pour résumer la pédagogie que j’ai mise en place avec les étudiants durant mon stage. (voir annexe)

 

E. Les témoignages concernant la qualité de ma pédagogie

Mon maître de stage a été content de ma relation et du travail effectué avec les élèves. Il était étonné de ma façon de donner cours, alors que je n’avais jamais encore exercé auparavant, car il est vrai que je ne suis pas une personne stressée mais plutôt quelqu’un de cool. Quant aux élèves, je passe encore beaucoup les voir à l’école car nous nous entendons très bien et ceux-ci ont avoué m’apprécier (voir annexe).



TFE

TFE FINAL.docx
TFE FINAL.docx (4.4 Mo)

Plan mur

Power point pédagogue de référence

Power point les biais de l'évalutation

Power point la métacognition

Témoignage concernant la qualité de ma pédagogie

II. Le développement des compétences de l'enseignant

  1. Preuves de situations signifiantes, attractives et efficaces

Pour ma première preuve, je vais vous parler d’une leçon que j’ai eu l’occasion de donner aux élèves du CAP. Cette leçon avait pour but de montrer aux apprenants comment on prenait (sur chantier) un point de niveau avec différents appareils de mesure. Les apprenants ne les avaient jamais utilisés. Je leur avais donné comme consigne de reporter un point niveau, situé à la porte d’entrée de la classe, sur les deux TN afin d’y tracer une porte et une fenêtre.

J’ai laissé les apprenants se familiariser avec les outils mis à leur disposition (en période de tâtonnement) afin qu’ils comprennent la fonctionnalité de ceux-ci. Je ne suis jamais intervenu durant le déroulement de la leçon afin que les élèves comprennent que c’était leur problème (situation problème développée dans mon TFE). A la fin du cours, les apprenants sont tous arrivés à l’objectif visé.

Cette présentation m’a aidé pour la mise en place de ma pédagogie afin d'effectuer mes stages.

Pour preuve de cette leçon signifiante, attractive et efficace, je joins la copie des remarques de mon maître de guidance (Madame Guillet).

 

Pour ma deuxième preuve, je vais vous parler du muret de jardin que les élèves de 3TQ1 de l’EP de Seraing ont construit. Ce sont les élèves qui ont choisi ce travail, j’avais mis à leur disposition plusieurs plans :

  • un muret de jardin (appareil croisé) avec des colonnes et une brique sur chant ;
  • un muret (appareil croisé) avec deux abouts d’angle ;
  • une pilasse (appareil croisé) ;
  • et une cheminée (appareil croisé).

A mon grand étonnement, les élèves ont choisi le muret de jardin qui paraît certes difficile mais reste le plus beau esthétiquement parlant. A mes yeux ils ont choisi ce travail car des colonnes y apparaissaient et ils avaient déjà atteint cette compétence au préalable, il y avait donc des prérequis visibles pour les motiver davantage. Cependant, le mur présentait l’élaboration de briques sur chant, ce qui est une compétence visée en sixième année dans le programme et qui n’est pas du tout facile à réaliser pour des novices, mais qui n’a pas découragé les élèves. Il était convenu avec ces derniers, malgré le gros travail que cela représentait, que nous devrions démonter le mur à la fin de son élaboration. Les élèves étaient tous d’accord car ils avaient l’habitude de débâtir leurs travaux après leur construction.

De plus les élèves devaient construire le mur dans un temps imparti, c’est-à-dire 40x50 minutes.

la réalisation fut un réel succès car tous les objectifs avaient été atteints et le dans le temps donné. De plus, le travail n’a pas été démonté et il est toujours dressé dans le local 83A de l’EP de Seraing. Il a servi de modèle pour la journée porte ouverte et mon maître de stage Mr. Sutera a décidé de le garder pour toujours afin qu’il serve d’exposition pour les futurs élèves de maçonnerie. Mes apprenants en sont sortis très satisfaits et s’en allaient même jusqu’à « frimer » devant les élèves de quatrième qui travaillaient en même temps dans l’atelier. (voir annexe)

 

 2. Preuves d’une évaluation adaptée et efficace

Afin que les élèves se rendent compte des critères à respecter lors de l’élaboration d’un mur, j’ai décidé, avec ceux-ci, de les construire sur le tableau noir de l’atelier. Les élèves devaient tous les énumérer et mon rôle était de les inscrire sur le TN (preuve efficace, signifiante). Après que ceux-ci m’aient cité tout ce à quoi ils pensaient pour mettre en place une évaluation, je devais quand même leur souligner les points importants qu’ils avaient oubliés.

Ensuite, j’ai créé une grille d’auto-évaluation avec les critères repris sur le TN afin qu’ils puissent se jauger.

Vu que notre muret comprenait quatre grandes étapes ; l’appareil croisé, la colonne, la brique sur chant et le jointoyage, les élèves ont eu à s’autoévaluer quatre fois ; en parallèle, je leur donnais mon évaluation, avec le même type de grille qui n’était à leur disposition qu’à la fin du cours.

Les élèves n’avaient plus qu’à comparer les deux grilles pour voir si tous les objectifs avaient été atteints. Je tiens à souligner également que la grille est faite sous forme « d’acquis/non acquis ».

Voir annexe

 

3.Lien avec la liste HERSDA (IFRES ULg 2012)

3.1.Favoriser l’apprentissage

Afin d’informer les élèves des exigences du cours, je leur transmets des photos de différents murs pour qu’ils puissent se rendre compte des objectifs à atteindre et ainsi qu’ils aient une perception des compétences visées. D’après Viau, si dans l’activité d’apprentissage proposée l’élève perçoit la valeur, la compétence et la contrôlabilité, alors s’enclenchera l’engagement cognitif ainsi que celui de persévérance afin d’atteindre les performances visées. C’est pour cela que je crée mes évaluations avec les élèves également.

Pour connaître les attentes de mes étudiants, il m’est utile de leur demander, quel type de construction ils aimeraient créer. Selon les réponses, je sais adapter mon cours au programme, grâce à Autocad pour leur dessiner des murs qu’ils ont envie de construire.

Je mets à profit l’expérience personnelle de mes apprenants en étant à leur écoute et en essayant d’être le plus attentif possible à leurs besoins.

Pour assurer une cohérence entre les objectifs de la matière, mes méthodes d’enseignement et mes méthodes d’évaluation, il sera utile de bien comprendre les objectifs d'une part et d'autre part de se renseigner sur les différentes méthodes utilisées pour atteindre ces objectifs. Mais également choisir parmi les méthodes d'enseignements / d'évaluations, celles qui sont les plus adaptées à un enseignement de qualité favorisant l'échange étudiant – enseignant et celles qui répondent le mieux aux attentes des élèves.

Afin de laisser à mes apprenants l’opportunité de choisir certains aspects du travail et de l’évaluation, il m’est indispensable de leur laisser une liberté d’expression pour être à l’écoute de leurs attentes. Je reste ouvert aux propositions et aux demandes de mes élèves.

Pour les inciter à utiliser efficacement les bibliothèques et d’autres outils d’apprentissage, je donne l’autorisation à ces derniers de consulter sur internet des méthodes de construction d’autres spécialistes en maçonnerie afin qu’ils puissent les mettre en relation avec les leurs.

 

Il m’est indispensable de prendre mes apprenants sur un même pied d’égalité afin que l’ambiance soit propice au travail et qu’aucun favoritisme ne soit ressenti par ces derniers.

 

3.2.Nouer une relation avec les apprenants

Pour que mes apprenants voient le respect que je leur porte, il m’est utile de leur inculquer les valeurs de base à mes yeux telles que le respect des autres, le parler correct. Je les laisse autonomes tant qu’ils restent sérieux dans leur travail mais je laisse également place à la rigolade et à la musique pendant les cours de pratique.

Afin d’aider mes apprenants à croire en leurs valeurs, j’essaye de leur donner confiance à travers des travaux qui sont accessibles, qui leur ressemblent ou qui peuvent être propres à chacun, mais également atteignables ; en valorisant l'élève, en le félicitant, en récompensant les prises d'initiatives, ...

Pour que mes apprenants prennent conscience du potentiel mutuel et des avantages du travail de groupe, je réalise des maçonneries où ils peuvent travailler à plusieurs, comme le muret de jardin. Ils peuvent ainsi se rendre compte des bienfaits de la collaboration et se répartir les tâches à exécuter en commun accord. Ainsi l’esprit d’équipe peut se développer au sein du groupe.

Si je vois des apprenants en difficulté, il est de mon devoir d’intervenir pour fournir leur aide personnelle mais également leur proposer des remédiations en dehors de leurs heures de maçonnerie.

 

3.3.Enseigner pour que les étudiants apprennent

Pour que les apprenants comprennent mon enthousiasme pour la matière, je leur parle de mon expérience professionnelle, et j’ai toujours avec moi des photos de maisons -notamment la mienne- que j’ai construites durant ma carrière ou divers autres travaux que j’ai réalisés.

Afin d’engager un effort conscient de ma part, je me remets toujours en question sur ma réflexion et ma pratique, j’essaye de mettre les élèves en situation réelle et leur explique mes expériences sur le terrain et ce à quoi ils doivent s’attendre.

Pour inciter mes étudiants à faire des recherches dans leur milieu d’étude, je leur conseille d’aller visionner des vidéos sur internet de divers maçons. Ainsi, ils pourront voir différentes techniques pour maçonner et peut-être s’approprier l'une d'entre elles. Je leur parle de mon expérience car malgré le fait que je suis un professionnel, j’aime regarder des vidéos afin de toujours affiner mes techniques de maçonnerie et j’essaye que mes élèves fassent pareils.

Afin d’élargir ma gamme d’activités, j’essaye d’insérer des maçonneries plus diversifiées dans leurs travaux. Je parle ici, par exemple, de la brique sur chant dans le muret de jardin qui est une future compétence à atteindre ainsi ils peuvent avoir un aperçu de ce qui les attend. 

Je laisse libre cours à mes étudiants quant aux techniques qu’ils veulent utiliser, cependant je donnerai toujours mon avis, afin qu’ils remettent bien en question leurs techniques de travail. Je leur montre la manière par laquelle je procède pour qu’ils puissent comparer les deux. J’encourage toujours mes apprenants à apprendre des astuces par eux-mêmes, car quand ils seront sur chantier ils devront s’adapter seuls.

Je laisse toujours mes étudiants travailler en essais-erreurs (situation problème) afin qu’ils puissent se conscientiser sur le travail et en être satisfaits à la fin. J’attends d’eux qu’ils démontent leur travail s’il a été mal fait, je parle ici d’avoir « l’œil du maçon », c’est-à-dire être satisfait de son travail après exécution, j’essaye de les centrer un maximum sur ce point car c’est très important pour un professionnel.

Pour rendre explicites toutes formes de pensée, je demande à mes apprenants d’essayer seuls dans un premier temps et si le problème perdure, je les autorise à se mettre en relation avec un camarade de classe pour s’entraider.

Mes questions sont structurées dans un ordre croissant en partant de la base, c’est-à-dire le traçage, et ensuite vers le montage des assises une par une, pour arriver à la finalisation de leur mur.

Afin d’encourager mes étudiants à poser leurs questions, je leur demande toujours si tout se passe bien et leur signale qu’ils ne doivent pas hésiter à me demander si quelque chose leur pose problème. À leur question, je réponds de manière professionnelle soit par mes paroles, soit par mes actes, pour qu’ils puissent bien comprendre où je veux en venir. Je demande toujours à l’apprenant s’il a saisi avec mes explications et dans le cas contraire, je reformule ma réponse.

Pour contrôler la valeur de mes explications, je leur demande de les reformuler afin de voir s’ils les ont bien assimilées.

Si des apprenants viennent à me signaler leurs difficultés en ce qui concerne le contenu, le rythme, les priorités ou le style, je commencerais d’abord par me remettre en question pour voir si mes méthodes sont bonnes. Si le problème n’est ressenti que par une mineur partie de la classe, je proposerais des remédiations pour les aider à surmonter leurs difficultés.

Si je vois un apprenant perturbé, dans ma classe, mon premier réflexe est de lui venir en aide et de connaître le pourquoi de son comportement. Je l’amènerai à se remettre en question et à savoir pourquoi il agit de la sorte mais également ce qui le pousse à réagir de telle ou telle manière. Je n’hésiterai pas également à lui tendre la main s’il a des problèmes extérieurs à l’établissement (famille, amis, ...).

 

3.4.Evaluer et donner des feedbacks

Afin d’aider les apprenants à évaluer leurs travaux, je construis avec eux les grilles d’auto-évaluation pour chaque exercice effectué, et ce, afin de les conscientiser sur les points importants. Ensuite ils n’ont plus qu’à comparer leur grille avec les miennes.

Les stratégies pour commenter et aider les apprenants, se résument aux feedbacks positifs car même quand l’apprenant a mal travaillé, j’essaye de trouver des points positifs pour le rassurer afin qu’il ne se décourage pas mais au contraire qu’il aille de l’avant.

Il est aisé de constater de visu les difficultés des apprenants et de leur montrer le pourquoi de leurs erreurs techniques.

Pour la garantie de mes évaluations, elles sont, certes, construites par les apprenants mais je recentre ceux-ci pour qu’ils prennent bien conscience des objectifs et des compétences visées. Ils connaissent alors les critères qui leurs sont propores et auxquels ils doivent faire attention.

 

3.5.Evaluer son enseignement

Afin de recueillir un maximum d’informations pour ma pratique pédagogique et mes matières, je mets mes cours en relation avec ceux d’autres professeurs. En ce qui concerne les élèves, je reçois toujours des éloges de leur part car ils sont contents de travailler avec moi et heureux de recevoir mes feedbacks. J’adapte mes méthodes à leurs attentes tout en gardant une ligne de conduite.

En ce moment, je pense avoir de bonnes pratiques pédagogiques et mes matières sont adaptées aux élèves puisqu’ils peuvent choisir le type de constructions sur lesquelles ils veulent s’exercer tant qu’elles restent dans le programme du cours. Ma réflexion est positive car je n’ai pas encore eu d’échecs avec mes apprenants mais un taux de réussite complète, je tiens à souligner que je donnais cours à trois élèves!

3.6.Développer ses compétences professionnelles

Pour maintenir mes connaissances à jour, je me dois de m’informer sans cesse mais également de continuer des formations pour me parfaire. Je répèterais aussi que je dois mettre mes cours en relation avec ceux d’autres professeurs, faire des visites de chantier, lire des livres, des revues spécilisées …

Pour me tenir au courant de l’évolution de la didactique dans ma discipline, je suis souvent amené à voir des amis qui sont indépendants et ainsi me rendre compte des nouveaux types de matériaux utilisés, de nouvelles machines, de nouveaux produits, … pour ensuite les insérer dans mes cours.

Je n’ai pas encore eu l’occasion de discuter avec beaucoup de collègues car je n’étais que stagiaire, cependant nous parlions souvent avec mon maître de stage de l’aspect des apprentissages ainsi que de l’enseignement.

Durant ma pratique, j’ai reçu de la part de mon maître de stage, les commentaires sur ma méthode pédagogique (voir en annexe). Je pense qu’il faudrait à l’avenir que chaque professeur assiste au cours de ses collègues afin de donner son avis et apporter des pistes d’améliorations.

Afin de renforcer mes compétences, je n’hésite pas à suivre des formations pour me perfectionner dans le domaine de la création de plans sur ordinateur.

Pour les stratégies que je mets en place afin de m’améliorer, j’essaye de me filmer quand j’en ai l’occasion et de montrer la vidéo à des collègues pour voir mes faiblesses et tenter de les améliorer.

Je n’ai pas encore pu assister à un séminaire ou à des conférences, mais je n’hésiterai pas à y prendre part quand j’en aurai l’occasion.

Pour m’aider à construire mon TFE, j’ai dû lire plusieurs livres de pédagogues connus. ( voir ma bibliographie).

J’ai eu l’occasion lors de mon stage de rencontrer un professeur de maçonnerie qui passait également son CAP. N’étant pas trop expérimentés, ni l'un ni l'autre l’autre, nous nous sommes soutenus et nous avons mis nos cours en relation afin de distinguer les points forts et les faiblesses de chacun et tenter d’y remédier.

 

3.7.Influencer le contexte de son institution

Je prends le temps qu’il faut pour discuter avec mes apprenants afin de cerner leurs difficultés et tenter d’y remédier. Je me mets également à leur place quand ils doivent travailler à genoux et je suis conscient du mal que cela peut faire au corps humain. Je leur permets de se reposer quand ils le  souhaitent pendant quelques minutes et ensuite reprendre leur travail.

Micro leçon déroulement

Micro leçon preuve de mon professeur

pratique du mur.docx

nouvelle grille d_auto_évaluation.docx

Preuve de ma compétence d'enseignant

Preuve de ma compétence d'enseignant

Preuve de ma compétence d'enseignant

III. Les recherches personnelles

1ère recherche : les situations problèmes :

Afin d’élaborer le travail que j’ai construit pour les élèves (je parle ici des plans), je devais trouver une pédagogie active pour l’enseigner, et quoi de mieux adapté que la méthode par situations problèmes. Je me suis inspiré de plusieurs ouvrages mais notamment d’un travail que j’ai trouvé sur le net qui est particulièrement pertinent. Cela m’a aidé à construire mes leçons et les exigences attendues par ce type de méthodes qui prônent l’action, le tâtonnement, l’expérimentation, l’essai-erreur, …, m’ont plu par rapport aux autres méthodes d’apprentissage. (Voir annexe)

 

2ème recherche : la pédagogie du projet :

N’ayant pas eu l’occasion cette année de construire un projet avec mes élèves, car ces derniers en avaient déjà un, mis en place par leur professeur, ils me tardent d'en faire un avec des futurs apprenants. Elle est pour moi la pédagogie par excellence car les élèves doivent s’investir à fond dedans et se sont eux qui sont à la base du projet. De plus, la pédagogie du projet permet aux élèves de mettre en place ce qu’ils ont le plus envie d’apprendre tant que cela reste dans le programme du cours. Elle permet également un aménagement de l’établissement car nous pouvons créer ou réparer certains locaux afin d’apporter un bien être chez les élèves qu’ils soient du secteur de la construction ou non.

Pour mettre en œuvre cette pédagogie, je m’inspirai de John Dewey qui est le fondateur de la pédagogie du projet. (voir annexe)

IV. Les perspectives

1.Questions qui restent en suspens :

Je me pose encore différentes questions sur ma pratique d’enseignant telles que :

-          Comment réagir face à des élèves démotivés ?

-          Comment gérer une classe avec un nombre d’élèves plus important ?

-          Est-ce que mes méthodes d’apprentissages sont appropriées aux apprenants ?

-          Est-ce que ma manière d’évaluer correspond à celle des élèves ?

 

2.Axes à développer dans le futur :

Je compte essayer de me perfectionner dans mon enseignement en laissant les apprenants s’impliquer le plus possible dans leur apprentissage, afin de les laisser maître des décisions qu’ils prennent. Il faut que les apprenants soient les acteurs de leur apprentissage.

-          L’enseignant acteur social : mettre en avant les valeurs de l’éducation mais également développer la culture générale chez les apprenants.

-          L’enseignant chercheur : il faudra se remettre en question sans cesse et ne pas rester sur les acquis d’un cours créé, mais tenter de le modifier ou de le développer pour l’adapter à l’évolution du temps et à de nouvelles technologies.

-          L’enseignant personne en relation : on attendra de celui-ci qu’il soit capable d’entrer en relation avec tous les élèves en gardant un souci de neutralité, mais également on lui demandera de travailler en collaboration avec d’autres enseignants. Il devra aussi développer ses relations avec la direction, l’inspection, les parents ainsi que les divers partenaires de l’école.

V. Bibliographie

Administration de l'enseignement et de la recherche scientifique 2001, devenir enseignant, bruxelles: ministère de la communauté française.

Altet m. (1997), Les Pédagogies de l'apprentissage, Paris, Presses universitaires de France.  

Cousin et R. (1950), L’éducation nouvelle, France, Delachaux et Niestlé.

Musial M., Pradere F. et Tricot A. (2012), Comment concevoir un enseignement, Bruxelles, De Boeck.

Minez-Mramer, S. (2016-2017), Psychopédagogie et méthodologie générales, Syllabus.

Richelle M. (1991), Intelligence, reconseptualization and measurement, Hillsdale, NJ: Lawrence Erlabaum Associates Inc.

Viau R., (2009), La motivation en contexte scolaire, Pratiques pédagogiques, de Boeck Université, Bruxelles.

 

 

 Sitographie :

http://www.philocite.eu/basewp/wp-content/uploads/2014/02/sgaletic_2009_dewey.pdf

http://www.lmg.ulg.ac.be/articles/situation_probleme.html

http://www.unige.ch/fapse/SSE/teaching/tc101/devenir_enseignant.html