SUJET D'OIM - Armand Lionel & Moutou Enrick

Sujet d'OIM Semestre 2 : "Virtualisation et augmentation de l'individu"
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Thématique à traiter : « Virtualisation et augmentation de l'homme : définitions, état des lieux, et mise en question du droit »

 

 

 

Plan

 

« La liberté pour un humain c'est qu'il puisse se trans-humaniser en se débarrassant des obstacles et en développant son potentiel au maximum » - Pierre Teilhard de Chardin, philosophe, 1949

 

I) La mise en ligne du courant « transhumaniste »

 

A – La consécration d'un « soi digital » : La virtualisation de l'Homme

  • Imprégnation des réseaux sociaux. EX : Facebook et co.

  • Avancées numériques/technologique. EX : reconnaissance empreinte Smartphone

  • Primat du digital → « numérisation » de l'homme

B - De l'homme virtualisé à l'homme augmenté

  • Progrès technologiques : EX : Médecine : imprimante 3D/ Implants

  • Notion de « l'homme cyborg », consécration de l'homme machine

  • La place de la science-fiction

 

II) L'homme augmenté, entre considération juridique et sociétale

 

A- L'homme augmenté à l'épreuve du droit

  • L'homme augmenté à la distinction des personnes et des choses

  • Les lois de la robotique et les lois bio-éthique

  • L'homme augmenté et la responsabilité civile

  • La cryogénisation

  • Les normes et les réseaux sociaux

B – Une remise en cause de l'Homme : « post-humanisme »

  • Un sujet clivant entre peur et opportunités

  • Les aspects négatifs

  • Les aspects positifs

  • Amélioration de la condition humaine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

De la machine à écrire à l'ordinateur, du téléphone mobile au smartphone high-tech, de l'addiction à Facebook au phénomène de trans-humanisation, l'évolution à laquelle nous assistons et à laquelle nous contribuons quotidiennement nous conduit à nous projeter vers un futur que nous avons eu pour coutume d'observer régulièrement sur la plate-forme cinématographique. De «I robot » à « Lucy» (films de science fiction mettant en avant l'homme évolué, l'homme machine) , le futur illustré n'est pas si irrationnel que nous le pensons. En effet, au fil des années, nous avons assisté à une numérisation progressive de nos systèmes de communication usuels, ces évolutions ont conduit en outre à faciliter les échanges, faciliter la vie courante, optimiser nos moyens et capacités, permettre de rallonger la vie, et engendrer un courant de modernité permettant de fil en aiguille à faire de nous des sur-hommes des temps modernes. Nous verrons à l'issu de cette présentation de quelle façon les évolutions des sciences et de la technologie ont influé sur les hommes, et l'impact qu'elles tendent à avoir sur la vie courante, il conviendra pour ce faire de s'interroger sur la façon dont ces évolutions sont appréhendées par son principal sujet : l'Homme, et l'encadrement de celles-ci par les dispositifs juridiques en place. En outre, nous verrons à l'étude de notre sujet la transition opérée entre le phénomène de virtualisation de l'homme et celui d'augmentation de l'homme, et les enjeux recensés à la fois sur le pan du droit et vis à vis des considérations sociétales. Il conviendra pour se faire d'observer dans un premier temps la mise en ligne du courant transhumaniste avant de nous pencher dans un second temps sur l'homme augmenté pris entre considération juridique et sociétale.

 

 

  1. La mise en ligne du courant transhumaniste

 

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l'usage des sciences et des techniques pour améliorer les caractéristiques physiques et mentales des être humains. Nous verrons que ce mouvement s'est inspiré de la consécration progressive de la virtualisation/ numérisation de l'homme (A) pour ensuite s'adonner au phénomène de l'homme augmenté (B)

A – La consécration d'un « soi digital » : La virtualisation de l'Homme

Avec l'arrivée et l'imprégnation d'internet au courant des années 2000, l'homme s'est prêté au jeu de la numérisation. C'est ainsi que l'on est passé à l'envoie de courrier à l'envoie de mail, que la maîtrise d'internet est devenue incontournable et ce quelque soit le domaine d'activité que nous sommes amener à exercer. Ce phénomène n'est pas singulier, car il s'affilie à celui de la consécration dune technologie toujours plus rapide, plus efficace, plus omnisciente, cela n'est pas sans citer la compagnie Apple et ses produits améliorés au gré des années et des évolutions, c'est ainsi que l'on est passé d'un téléphone sans fil à un téléphone sur lequel il est désormais possible de déverrouiller par le biais d'empreinte, sur lequel il est possible de scanner, d'utiliser à titre de GPS etc. La consécration d'un « soi digital » se reflète sur l'interdépendance entre l'homme et la technologie. Pour simple exemple aujourd'hui 2 personnes sur 3 possèdent un smartphone et au moins un ordinateur portable à la maison. Cela n'est pas sans citer l'expansion des réseaux sociaux tels que Facebook, engendrant une virtualisation des échanges. L'on observe en ce sens un primat du digital dans le quotidien de l'Homme, c'est ce phénomène que l'on caractérise de virtualisation de l'homme. L'on vise en ce sens la multiplication des échanges et procédés par le biais de la technologie et d'internet. Mais d'autres considérations sont à prendre en compte avec l'imprégnation de ces évolutions constantes.



B – De l'homme virtualisé à l'homme augmenté

Ces évolutions dont nous sommes les fidèles acteurs et consommateurs engendre continuellement des avancées notamment dans le domaine de la médecine. Il n'y a pas seulement l'aspect pratique de la communication mais aussi la possibilité pour l'homme de voir ses capacités augmentées par le biais de nouvelles technologies. C'est ainsi qu'au fil du temps, il a été possible de trouver des remèdes biologiques pour permettre la guérison de maladie ou l'allongement de la vie. Des faits connus de tous. Cependant il est des avancées qui ont pour exemple permis à un homme dont l'appareil visuel a été altéré à la naissance, lui conférant une vision en noir et blanc, de voir de nouveau en couleur. Pour ce faire des dispositifs robotiques d'implants effectués sur le crânes ont été mis en place. Il en est de même pour l'homme qui aurait perdu un membre de son corps, sa main ou son pieds, ou l'homme qui aurait perdu la vue, toutes ces particularités trouvent désormais et continuellement des solutions par la création de robotique permettant notamment à l'homme de voir ces capacités augmentées. C'est ainsi qu'il est désormais possible pour certains expérimentés d'avoir une vision infrarouges, ou qu'il sera bientôt possible de pouvoir retranscrire les aboiements d'un chien en langage humain courant, ou encore de créer des tissus humains par le biens d'une imprimante 3D qui arrive à reproduire jusqu'à des cœurs humains. Des avancées qui conviendrait à répondre à de nombreux maux auxquels fait face la médecine moderne.





De nouvelles technologies visent à modifier la manière dont l’homme, son corps et son cerveau fonctionneront et interagiront avec leur environnement. Elles participent de ce qu’on appelle désormais l’ « augmentation de l’homme » par l’informatique et la techno-médecine

En 2045, certains auteurs prévoient que l'homme pourra numériser des informations de son cerveau, télécharger son esprit sur un ordinateur, et voir certaines de ces parties biologiques remplacées par des pièces robotisées. On parle progressivement d'homme cyborg, d'homme-machine semblable aux illustrations colportées en science-fiction.

  1. L'homme augmenté, entre considération juridique et sociétale



A – L'homme augmenté à l'épreuve du droit

Les droits de l’homme, garantis par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), définissent l’homme. En 1950, lorsque la Convention est signée, on a défini ces droits dans le but de protéger les capacités inhérentes à l’être humain, sa nature, ce qui distingue l’homme des animaux et manifeste sa dignité.

À l’époque, l’homme n’était pas technologique, et l’on admettait encore l’existence d’une nature et d’une dignité humaines comme fondement des droits. Mais aujourd’hui, les biotechnologies peuvent non seulement augmenter nos capacités naturelles, mais aussi nous en doter de nouvelles. Un homme renouvelé émerge de l’évolution des techniques, et les droits de l’homme accompagnent cette évolution.

 Comment les biotechnologies  ont-elles fait évoluer les droits  de l’homme ? 

 

Les droits de l’homme expriment les conceptions successives que la société se fait de l’homme : il y a eu les droits humanistes, puis personnalistes ; à présent des droits post-humanistes s’imposent et ouvrent la voie aux droits transhumanistes.

Le post-humanisme est la domination des volontés individuelles sur la nature humaine. Il a pour effet de remplacer les droits de l’homme par les « droits des individus ». Même si la lettre des droits de l’homme n’a pas changé, leur interprétation individualiste a altéré, voire révolutionné, leur contenu. Ainsi, la Convention européenne des droits de l’homme proclame le droit à la vie, mais la volonté individuelle de mourir ou d’arrêter une grossesse prime à présent ce droit.

 

Le transhumanisme est le dépassement et la substitution de la nature humaine par les biotechnologies. L’accès à ces technologies devient un droit individuel car elles permettent de s’accomplir davantage. Ainsi, en affirmant l’existence d’un « droit de mettre au monde un enfant qui ne soit pas affecté par la maladie », la CEDH a intégré les techniques de dépistage génétique dans la définition de l’homme : l’eugénisme devient ainsi une composante de la nature humaine augmentée.

 

La législation s’est donc efforcé d’encadrer autant que faire ce peut ces avancés exponentielles quoique un peu dépassé par la caractère exponentielles de ces dernières. C’est ainsi que l’on peut s’attarder

Les progrès scientifiques et techniques dans le domaine des sciences de la vie ont soulevé des questions éthiques, sociales et juridiques. Ainsi, en France, depuis le début des années 1980, ces questions ont alimenté un débat public qui a abouti à l’adoption des "lois de bioéthique" de 1994 (voir page suivante « Pour en savoir plus »). Elles ont pour butd’encadrer le développement du progrès biomédical pour protéger les droits fondamentaux de la personne.

Toutefois, afin de ne pas entraver la dynamique de la recherche, le principe de révision était inscrit dans la loi elle-même. Un projet de loi a été déposé par le Gouvernement en juin 2001 et après trois ans de travaux, le texte définitif du projet a été adopté par le Parlement le 9 juillet 2004. Le Conseil constitutionnel a été saisi de deux recours (déposés par plus de 60 députés le 9 juillet 2004 et par plus de 60 sénateurs le 12 juillet) qu’il a rejetés dans sa décision rendue le 29 juillet 2004. La loi n° 2004-800 relative à la bioéthique a donc été promulguée le 6 août 2004.

Les principales innovations de la loi sont :

· l'interdiction du clonage thérapeutique (utilisation du clonage de cellules dans un but thérapeutique) ;

· la création d'une nouvelle incrimination de "crime contre l'espèce humaine" pour

réprimer tout clonage reproductif (duplication d'un être humain à l'identique) ;

· l'autorisation à titre dérogatoire pendant cinq ans de recherches sur l'embryon lorsqu'elles

sont "susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques" ;

· la nécessité de 2 ans de vie commune pour l'accès d'un couple à l'assistance médicale à la

procréation ;

· l'élargissement des dons d'organes en vue de greffe à la famille élargie du receveur et à

la personne vivant avec le receveur depuis 2 ans au moins ;

· la création d'une agence de la biomédecine, établissement public administratif de l'Etat, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé et compétente dans les domaines de la greffe, de la reproduction, de l'embryologie et de la génétique humaines.

 

Le 7 juillet 2011, la loi n° 2011-814 relative à la bioéthique a été promulguée. L’adoption de cette loi s’inscrit dans la continuité des initiatives prises par la France dans ce domaine dès le début des années 80. Premier pays à se doter, en 1983, d’un comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE), la France a fait à nouveau œuvre pionnière au niveau international en adoptant en 1994 des lois portant sur la plupart des domaines de la bioéthique.

 

Les développements dans les domaines de la biologie et de la médecine soulèvent des questions essentielles concernant les individus comme la société. Ces questions mettent en jeux des principes fondamentaux communs, notamment celui fondateur de la dignité de l’être humain, la protection de l’autonomie, la protection de l’intégrité du corps humain ainsi que le principe de justice.  On comprend dès lors la pertinence d’une approche globale de la démarche.

 

C’est la protection de ces mêmes principes fondamentaux qui a guidé le travail d’élaboration de la convention sur les droits de l’homme et la biomédecine - la convention d’Oviedo – une élaboration qui a grandement bénéficié de la réflexion menée en France et qui a abouti à un ensemble de principes devenus le patrimoine juridique commun aux Européens dans le domaine biomédical. Une convention que la France a ratifiée le 13 décembre 2011.